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*** Being There, 1979. Heureux les pauvres de cœur !

Being There Peter Sellers
Le film de Hal Ashby est une adaptation cinématographique du roman «La Présence» de Jerzy Kosinski. Le héros principal est un jardinier de cinquante ans Chance (Peter Sellers) qui n’a jamais quitté une maison riche à Washington, qui n’a jamais rien étudié et pour qui la télé était le seul moyen de connaître le monde. Soudain son maître meurt sans laisser aucune note sur Chance. Jeté dans la rue par les nouveaux propriétaires de l’hôtel particulier, Chance parvient à emballer dans les luxueuses valises du défunt les vêtements de l’épaule du maître qui lui vont toujours en taille. En quittant la maison Chance se trouve dans un grand monde presque inconnu pour lui. Personne ne sait pas que Chance ferrait ensuite sans abri et sans argent sinon pour le cas – le jardinier est frappé par une limousine chère d’Eve Rand (Shirley MacLaine). Les vêtements luxueux et la retenue polie forcent la femme à penser que Chance est un homme riche. Eve prend Chance (elle pense que sa profession en anglais «Gardener» est son nom) à sa maison pour le guérir à l’aide d’un médecin de famille Dr. Robert Allenby (Richard A. Dysart). Ben (Melvyn Douglas), le marie d’Eve, est en train de mourir et ne quitte pas son immense maison, la plus grande aux États-Unis. Incroyable, mais Chance a plu Ben dès le premier mot. Bien que Chance puisse parler seulement de son jardin, Ben voit dans ses paroles la sagesse allégorique des paraboles. Amusé par le tact et la prévenance de son invité, millionnaire mourant présente Chance au président niais des États-Unis Bobby (Jack Warden). Chance «Gardener» devient une vedette tout américaine quand Bobby cite ses paroles. Après la mort de Ben qui a presque légué sa femme Eve à Chance, quelques hauts fonctionnaires de l’État discutent Chance comme un candidat à la présidentielle…

Being There Peter Sellers
«Being There» est évidemment un testament de Peter Sellers. C’est lui, qui pendant presque une décennie essayait de mettre en marche l’adaptation de l’ouvrage de Jerzy Kosinski en pensant que le rôle de Chance est créé pour lui. Célébré grâce aux rôles excentriques dans «Pink Panther», «Dr. Strangelove» et «The Party», cette fois Peter Sellers construit les situations comiques sur le calme strict et sérieux de son personnage. Il n’y a pas encore de bouffonnerie et folie chaotique de ses films plus populaires. Juste avant la mort (l’acteur mourra six mois après la première) Sellers est devenu très sérieux. Dans «The Party» la naïveté de Hrundi V. Bakshi créait beaucoup de destructions et servait comme une arme de la satire contre la vie bourgeoise. Dans «Being there» il y a aussi une satire contre l’haute société, mais la naïveté de Chance devient un instrument de création. Le héros qui ne comprend rien aux relations humaines parvient à porter la lumière dans la vie des Rends. Sa sérénité et son altruisme ont ensorcelé un vieux requin d’affaires.
En effet Peter Sellers voudrait un peu raconter une histoire très personnelle, parce que l’acteur lui-même était une tabula rasa — un homme sans personnalité qui devait toujours être dans un rôle pour vivre plus loin. Sellers a vécu sa vie dans les rôles d’autres personnes et son personnage vit la vie d’autrui. Il se compose des vêtements et des manières de son maître, des paroles d’un guide de jardinage et des gestes des émissions de télé. Avec tout ça Sellers a réussi à créer une image d’un seul tenant. Hal Ashby a transformé de plus le film dans la représentation à bénéfice de Sellers. Tous les autres acteurs, même le grand Melvyn Douglas, jouent à la moitié de leurs forces, libérant la place de l’écran pour Sellers dont le plastique, les gestes et la voix sont tellement polis que nous pouvons lire la nature du héros même quand il va en arrière-plan, dans la profondeur du cadre. Et c’est Hal Ashby qui a créé le cadre dernier génial du film où Chance est comparable au Christ ni plus ni moins.
«Being There» aurait été un film très simple si Chance avait été seulement un homme taciturne, poli et absolument sans ambitions et sans intérêts matériaux. Dans ce cas-là, conformément au Sermon sur la montagne que je cite, le film deviendrait une parabole chrétienne. Mais le film d’Hal Ashby, tourné à l’époque quand la télé jouait le rôle de plus en plus important et les États-Unis survivaient des crises politiques, certainement a le deuxième fond. Les déclarations simples et droits du héros ont le prix seulement dans le contexte de la multivalence et dans les yeux d’interprète. Sur le poste du président, Chance risque à devenir une poupée parlante juste comme Ben, qui prononce les paroles d’autres sans comprennent leur sens. Et la question la plus importante – pourquoi à l’époque, quand Fellini démasque la télévision, Hal Ashby tourne le film où un homme complètement éduqué et obsédé par la télévision est devenu un saint ? Est-ce vraiment les simulacres télévisés peuvent créer quelque chose réelle et utiles ? En tout cas, je dois aller travailler dans mon jardin, quoi que vous en pensiez.

Tags: 1970s, caleb deschanel, cinema, germany, hal ashby, melvyn douglas, peter sellers, richard basehart, shirley maclaine, usa
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