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10 фактов о Кирке Дугласе (повтор от 31.I.17)

1. После вчерашней смерти Кирка Дугласа в возрасте 103 лет единственным из ныне живущих звёзд американского кино первой величины остался Сидни Пуатье — он моложе Дугласа на 11 лет. Единственной живой звезде «Золотого Голливуда» — Оливии де Хэвилленд сейчас 103 года. Ещё жив Норман Ллойд, которому 105 лет, но он не звезда. Зато снимался в кино до своих ста лет (!).
2. Кирк Дуглас — воплощение «американской мечты». Он родился в нищей многодетной эмигрантской семье. Его собственноручно написанная автобиография называется «Сын старьёвщика».
3. Дуглас во время войны служил на флоте с 1941 по 1944 гг.
4. Дуглас стал «крёстным отцом» Стэнли Кубрика, убедив United Artists финансировать «Тропы славы». Этот фильм вместе с последующим «Спартаком» вывел Кубрика на новую орбиту в кинематографической иерархии.
5. «Спартак», который Дуглас снимал на своей студии Bryna (студия названа в честь матери актёра и продюсера), стал своеобразным ответом Уильяму Уайлеру, который отказался брать Дугласа на роль Бен-Гура в одноимённом эпике.
6. Либеральный Дуглас смело боролся против «Охоты на ведьм» — гонений на коммунистов и евреев в Голливуде в 1950-х гг. Так он вопреки всем угрозам отметил в титрах «Спартака» находившегося в чёрном списке Далтона Трамбо под его настоящим именем.
7. Дуглас с 1963г. является Послом доброй воли США
8. Кирк Дуглас помог сыну получить «Оксар» за лучший фильм — именно Кирк в своё время купил права на книгу «Пролетая над гнездом кукушки», но не смог выйти на связь с будущим режиссёром Милошем Форманом из-за суровой Чехословацкой таможни.
9. Судьба хранила Дугласа. 27 лет назад он оказался единственным выжившим при падении вертолёта, а 22 года назад пережил инсульт. До 34 лет Дуглас курил минимум две пачки сигарет в день. В 1958 г. Дуглас по совету жены не сел в самолёт Майкла Тодда, который разбился.
10. Моя любимая роль Кирка Дугласа — «Туз в рукаве» Билли Уайлдера.

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** Marriage Story, 2019. Ren vs Romanoff

En fait le film de Noah Baumbach est consacré au divorce plutôt qu’au mariage. Charlie Barber (Adam Driver) est un réalisateur de théâtre new-yorkais dont la femme Nicole (Scarlett Johansson) a quitté Los-Angeles pour travailler et habiter avec Charlie. Après huit ans du mariage Nicole réalise qu’elle veut être indépendante et faire sa carrière de la réalisatrice sans son mari autoritaire. Il n’y aurait pas de problèmes si les Barbers n’avaient pas un garçon de sept ans Henry (Azhy Robertson) qui devient la pomme de discorde et presque la seule chose qui peut être divisée parmi les ex-conjoints. Nicole a déménagé à sa mère à Los-Angeles et elle s’arme des services d’une avocate très agressive Nora Fanshaw (Laura Dern) qui initie un procès judicaire. Charlie qui pensait naïvement que c’était possible de trouver une solution pacifique doit aller à Los-Angeles et embaucher aussi un avocat.

Marriage Story 2019
Les temps changent. Jadis un drame judiciaire «Kramer vs Kramer» est devenu le film le plus profitable de l’année aux États-Unis. Maintenant les drames familiaux ne peuvent pas faire la concurrence aux films de super-héros (où les deux acteurs principaux jouent activement). Vers le dixième minute on comprend que c’est le réalisateur qui a écrit le scénario. Vers le quinzième minute on comprend qu’il n’y a pas de travail de l’ingénieur du son — presque tout le son est synchrone et de plus il n’y a pas de musique. Faute de travail expressif avec le son et l’image, les acteurs deviennent la base du film. Adam Driver, un homme réservé combat avec obstination pour le fils contre Scarlett Johansson qui pleure trop. Il étoufferait sa femme pas son autorité sans Lora Dern — une femme très dégagée et sûre de soi — le personnage le plus éclatant dans ce film. Charlie n’a pas de proches et la mère et la sœur de Nicole sont très comiques. La chose la plus intéressante concernant l’ensemble des acteurs c’est la passivité et la tranquillité de Henry. Il n’a ni de crise de nerfs ni d’émotions fortes. De surcroît, et c’est très significatif — pour les parents Henry est presque l’objet, la chose de statut. Ils sont prêts à le déchirer en deux pendant le procès mais l’enfant de presque huit ans ne sait même pas lire ! L’infantilisme et l’amour-propre — c’est les problèmes les plus importants des héros. Et bien sûr — le système judiciaire américain qui est la cible de la satire de l’auteur. N’ayant pas ni désir ni pratique de pourparlers, les ex-conjoints ont dépensé d’énormes sommes d’argent pour garder leur indépendance financière et partager Henry, qui est resté un objet, 55 sur 45. La seule victoire éphémère dans cette bataille — c’est la carrière de réalisatrice commencée pour Nicole, mais elle n’est pas le héros principal de ce film. Quant à Charlie, la bataille lui a ouvert les yeux, il a gagné beaucoup d’expérience et la compréhension tardive des sentiments des autres. Pourrait-il en profiter davantage ? C’est la question. Valait-il des centaines de milliers de dollars et une psyché mutilée d’un enfant ? C’est l’autre question. Ce théâtre en conserve devrait-il être trente minutes plus courtes ? C’est la troisième question mais on ne la posera pas — après «The Irishman» également tourné par Netflix, c’est inutile.

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Federico Fellini: one film — one shot

Столетнему Юбилею Федерико Феллини посвящается: видео-эссе «Федерико Феллини: один фильм — один кадр».

Феллини как-то сказал, что из показывающего и смотрящего, для него гораздо больший интерес представляет смотрящий…

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David Griffith aurait eu 145 ans !

Я знаю, что большинство киноманов сегодня отмечает день рождения Джима Джармуша, но давайте выкажем почтение другому сегодняшнему юбиляру.
Сегодня знаменательная для кино дата — 145 лет ДЭВИДУ ГРИФФИТУ, «Шекспиру киноэкрана». Он является не просто одним из режиссёров мирового кинематографа, он является главным, если не единоличным отцом десятой музы. Гриффит первый снял кино на территории Голливуда, первым начал системно и осознанно использовать крупный план и параллельный монтаж, он стоял у истоков первой условно независимой студии в Голливуде — United Artists.
Судьба была не слишком благосклонна к Гриффиту — лишь буквально пять из его пяти сотен фильмов были сняты после введения звука (1927). И в этот период его последних фильмов с ним уже не работала главная гриффитовская звезда — одна из самых интересных актрис мирового кинематографа Лилиан Гиш, покинувшая своего создателя ради Генри Кинга и Виктора Шёстрёма. Изобретатель киноискусства последние двадцать лет своей жизни ничего не снимал. United Artists окончательно обанкротилась в 1980-м, а в 1999 г. Премия Гильдии режиссёров лишилась имени Гриффита из-за обвинений в расизме его фильма «Рождение нации».
Почти лишённый чувства юмора джентльмен из Кентукки, подтянутый и неизменно строго одетый (Лилиан Гиш всегда звала его «Мистер Гриффит»), был человеком другой эпохи. Его сложно поставить в ряд со всеми великими режиссёрами-модернистами, озабоченными Мировыми войнами и революциями. Гриффит, один из немногих, кажется, всецело принадлежал XIX веку, он был сентиментальным романтиком, впитавшим дух классики и оставшимся ему верным до конца. Может, из-за этого ему не нашлось места в бурных кинематографических «Ревущих двадцатых».

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** The Ipcress File, 1965. Le candidat albanais

The Ipcress File 1965
Dans ce film d’espionnage britannique réalisé par Sidney J. Furie, Michael Caine joue le rôle d’un agent de contre-espionnage Harry Palmer. Autrefois il a été sauvé du tribunal militaire par le colonel Ross (Guy Doleman) qui est maintenant le chef de Harry. Ross le tient en laisse courte et utilise pour des tâches ennuyeuses comme la surveillance. Harry trouve la chance de faire ses preuves quand il est muté dans un département voisin sous la direction du major Dalby (Nigel Green). On a donné à Harry mission de trouver un certain docteur Radcliffe (Aubrey Richards) enlevé par un Albanais Eric Grantby (Frank Gatliff). En se lançant avec zèle dans les affaires, notre héros dégourdi et ayant des relations avec Scotland Yard parvient très vite à trouver Radcliffe, mais celui-ci n’est pas capable de continuer son travail comme scientifique à cause du lavage de cerveau. De mal en pis, pendant la libération du docteur Harry a tué un agent de la CIA qui s’intéresse aussi au problème de l’exode des cerveaux au Royaume-Uni. Désormais des ennuis sont partout : Ross demande de microfilmer quelques documents de Dalby sous la menace de la reprise du tribunal, quelqu’un fusille la voiture de Harry, l’agent de la CIA mort est trouvé dans son appartement et les documents importants disparaissent de sa table au travail. Étant très perplexe, Harry prend la décision de quitter le pays juste pour se trouver finalement dans une oubliette dans un autre coin de l’Europe…

The Ipcress File 1965
Les films froids pour la guerre froide ! «The Ipcress file» est le product de son époque et on peut nommer quelques événement qui ont influencé l’apparition de ce film et sa popularité. Le roman du même nom de Len Deighton est publié en 1962 — une année très importante pour la compréhension du film, de son style et ses sujets. Premièrement, 1962 — c’est l’année de la crise des missiles de Cuba, l’un des événements les plus graves de la guerre froide, quand le monde entier était à un pas du désastre et quand c’était évidant que la guerre suivante serait gagnée principalement par des scientifiques. Deuxièmement, deux films sont sortis sur les écrans: «The Manchurian Candidate» qui aborde les sujets du lavage de cerveau et de la hypnose, et «Dr. No» qui a introduit James Bond comme un type populaire de héros de film d’espionnage. Harry Palmer a été créé comme un antipode de James Bond. Bien sûr, il est aussi agile et audacieux, séduisant et un peu impertinent mais son comportement, son mode de vie et les méthodes de travail sont absolument différents de ceux de 007. Il n’y a pas de pathétique, de pose bon marché et d’irréalité chez Harry Palmer. Le héros de Sidney J. Furie habite dans un monde gris un peu ennuyeux où le remplissage de papiers prend beaucoup plus de temps que les fusillades et les chasses (qui d’ailleurs n’existent presque pas du tout). Harry Palmer ressemble aux héros de John Le Carré qui a commencé à écrire en 1961. Ceux-ci sont des hommes sérieux en costumes formels qui risquent ses vies pour la patrie en obtenant rien en retour. Voici un morceau de dialogue très significatif pour tout film d’espionnage sérieux:

— J’aurais pu être tué ou rendu fou, fou de rage.
— C’est pour ça que tu es payé.

Ici, en service secret, on n’a pas d’émotions et on utilise très souvent des codes alphanumériques qui peuvent signifier n’importe quoi : un code d’accès, un formulaire, les états de service, même un banc à Londres. Michael Caine enrichit son jeu flegmatique par son expérience de la guerre réel, un expérience qui lui donne un contenu interne suffisant pour allumer l’étoile de l’acteur qui brûle vivement jusqu’à aujourd’hui
Un complot pointu ne suffit pas pour se démarquer parmi les films d’espionnage. On a besoin d’un acteur très talentueux comme Richard Barton («The Spy Who Came in from the Cold») ou l’image très originale comme dans ce film. Le directeur de la photographie de «The Ipcress File» est Otto Heller, un vrai génie du cinéma britannique dont le travail avec les couleurs dans «The Ladykillers » et surtout «Peeping Tom» est inoubliable. Chez Sidney J. Furie il n’y a pas beaucoup de possibilité de créer des combinaisons de couleurs vives, parce que le film est principalement gris brun avec un peu de taches rouges qui portent de l’anxiété. Le talent de coloriste de Heller travaillera plus près de la finale quand nous nous rencontrons aux dernières techniques d’hypnose. Pourtant pendant toute la durée du film Otto Heller crée l’anxiété à l’aide de la composition. Des raccourcis très inattendus, un horizon irrégulier et l’utilisation active des objets sur le premier plan (il y a une image incroyable dans laquelle Heller à la fin du mouvement de la caméra met la tête d’un personnage éloigné dans un petit trou dans le mur au premier plan) transmettent avec la précision les sentiment du héros qui s’est perdu dans ce monde cruel et menteur. Peut-être on doit vraiment gagner un point de vue inhumain comme celui du caméra pour voir la vérité. Encore Dziga Vertov a dit que l’œil d’une caméra de cinéma est meilleur que celui de l’humain.

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Best Film Oscar and USA premiere month statistic

Чтобы два раза Эксель не открывать, раз сегодня день киноматематики.
Best Film Oscar and USA premiere month statistic:
January — 4
February — 3
March — 5
April — 4
May — 8
June — 3
July — 1
August — 4
September — 7
October — 9
November — 19
December — 25
Таким образом, почти половина фильмов, получивших Оскар за лучший фильм, вышли в прокат в США в ноябре или декабре.

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Festivals

Давайте признаем, что способности ведущих кинофестивалей и кинопремий определить своими призами настоящие шедевры киноискусства крайне малы. Жюри, как показывает практика, почти не может предугадать, какой фильм действительно останется в веках на кинематографическом Олимпе, не говоря о том, что многие будущие шедевры по разным причинам вообще не попадают на крупные фестивали.
Если посмотреть результат опроса ведущих кинокритиков журналом Sight and Sound в 2012 году и сравнить его со списком фильмов, получивших главные призы (главный приз, второй приз, приз за режиссуру) в Каннах, Венеции, Берлине и на Оскаре, то корреляция между качеством призов и количеством голосов опрошенных критиков упорно стремится к нулю, а в случае Каннского кинофестиваля эта корреляция даже обратная — чем больше призов у фильма, тем меньше вероятность, что он находится где-то в топе означенного списка. Оскар в данном случае, как ни странно, является чуть более показательной премией. Хотя, в любом случае, величины настолько малы, что, возможно, более коррелирующим показателем будет количество ураганов в год выхода фильма. Судите сами — на сто фильмов с числом голосов больше 17 приходится 5 золотых пальм (172 голоса), 3 золотых льва (113 голосов), 1 золотой медведь (24 голоса) и 5 Оскаров за лучший фильм (213 голосов, из которых 93 принадлежит «Восходу солнца» — единственному фильму в топ-13, который где-нибудь получил главный приз).

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The Lord of the Rings

Quand j’entends parler du «Seigneur des anneau»… je relâche la sécurité de mes ciseaux !

Когда я слышу словосочетание «Властелин колец»… я снимаю с предохранителя свои ножницы!



P. S. И "Семнадцать мгновений весны" тоже.
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Le cinéma a 124 ans !

Joyeux anniversaire le cinéma !
Voici mon cadeau pour l’art le plus important dans le monde : le film «L’histoire du cinéma».

Сегодня кино исполняется 124 года. По этому поводу я публикую фильм «История кино». Без шуток считаю это самой своей значительной работой на сегодняшний день, даром, что весь фильм — это 2549 кадров. Фильм относится к жанру экспериментального кино, смотреть его можно любым способом, но при одном условии — только на максимально большом экране! Если вам кажется, что вы что-то заметили, скорее всего, это в фильме есть. 16+.
С днём рождения!

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** The Irishman, 2019. Seuls les vétérans vont au combat

The Irishman 2019
Martin Scorsese et Robert De Niro se sont unis en 2019 pour tourner un film après la pause de 24 ans depuis «Casino». Le nouveau film de Scorsese appellé «The Irishman» est consacré à la mafia comme trois autres films de ce duo. Robert De Niro joue un sicaire au service de la mafia — Frank Sheeran surnommé «The Irishman». Ironiquement l’une des grand-mères de De Niro portait le nom O’Reilly, donc l’acteur lui-même est partiellement l’Irlandais. Pendant la Seconde Guerre Mondiale Frank Sheeran combattait en Italie où il a appris la langue et il a appris à tuer sans procès juste par ordre d’un officier supérieur. En revenant aux États-Unis Frank Sheeran travaille comme chauffeur mais bientôt il commence à travailler pour un gangster — Russell Bufalino (Joe Pesci). Il s’avère que Frank est un sicaire idéal — doué en meurtre, taciturne et plein de sang-froid. Quand la mafia établit des contacts Jimmy Hoffa (Al Pacino) — le président du syndicat des conducteurs routiers américains très populaire, Frank Sheeran va effectivement au service du dirigeant syndicaliste. Au cours de nombreuses années Frank Sheeran résolvait des problèmes de Hoffa, ils sont devenus amis. Mais quand Hoffa a décidé qu’il gérerait le syndicat sans contrôle mafieux, on a dit à Frank que Jimmy Hoffa devrait été tué. L’Irlandais a fait son travail parfaitement — personne n’a trouvé ni tueur ni donneur d’ordres, Jimmy Hoffa s’est dissous dans l’air. Le seul inconvénient que le tueur a obtenu, c’était la perte absolue de contact avec sa fille Peggy (Anna Paquin) qui toujours aimait Jimmy Hoffa et qui a deviné le rôle de son père dans sa disparition. Après la prison où Frank s’est trouvé pour une autre raison, Frank Sheeran finit ses jours dans une maison de retraite, oublié par tout le monde sauf les agents du FBI qui espèrent que le vieillard avoue avoir tué un ami avant de mourir.

The Irishman 2019
Dans «Casino», le dernier film de Scorsese avec De Niro, les personnages les plus aimés par moi c’étaient deux sicaires, deux hommes d’âge dodus qui à la fin du film enlèvent les témoins indésirables avec la tranquillité pratique. Après les gangsters éclatants où incontrôlables Scorsese enfin a jeté son coup d’oeil sur ces travailleurs de pistolet et de nœud d’anguille. Le sujet principal reste comme dans «Casino» ou «Goodfellas» — l’envolée et la chute des gangsters. Mais leur vie et le style de Scorsese ont changé. Dans «The Irishman» il n’y a pas encore de montage frappant et de costumes voyants. En échange il y a beaucoup d’hommes trop sérieux et d’intrigues ennuyeuses politiques. La caméra ne vole plus comme une danseuse de ballet (nous nous rappelons l’image très longue et très prétentieuse dans un club dans «Goodfellas»). Pourquoi ? La réponse est simple — elle est vieille. Comme Scorsese, De Niro et tous les autres acteurs principaux, parmi lesquels on peut remarquer Harvey Keitel — le héros principal de «Mean Street», le premier film de gangster de ce réalisateur. Scorsese a essayé pour la dernière fois de reconstruire son style dans «The Wolf of Wall Street». Maintenant le temps de réflexion est venu pour lui au lieu du temps de mouvement. Le réalisateur a 77 ans, De Niro et Pesci — 76, Pacino — 79, Keitel — 80. C’est impossible de créer quelque chose très active et dynamique avec cette équipe. En réalité le changement des intérêts de Scorsese était évident dans «Silence» où le réalisateur se concentrait sur la question de foi. Martin regarde dans le silence de la vie dans l’au-delà et il voudrait nous montrer les gangsters qui survit à la vieillesse profonde. C’est un objectif un peu difficile parce que pour la plupart de mafiosi c’est exploit de rencontrer la vieillesse sans une balle dans la tête.
Pas de doute, Scorsese est une légende vivante de film de gangster. En réalisant que c’est impossible d’entrer deux fois dans la même eau (il se rappelle qu’il y a 24 ans la cible de la critique était la ressemblance de «Casino» à «Goodfellas»), Scorsese a dû faire avec le genre ce que John Ford avait fait avec western dans «The Man Who Shot Liberty Valance». Les années vécues donnent à Scorsese un avantage — l’expérience de vie et la compréhension de la vieillesse — le sujet presque toujours exclu de ce genre. Bien sûr pour fermer le genre Scorsese a dû choisir le gangster en chef de tout l’univers du cinéma — Robert De Niro qui les a joués en quantités innombrables depuis Bloody Mama (1970) de Roger Corman chez Scorsese, Coppola, Tarantino, Mann, De Palma, Leone et même Remis. Maintenant le temps de compter est venu. Il n’y a pas encore de fougue juvénile, de courses et de fusillades cinématographiques — au lieu de ça on voit le travail monotone et risqué décoré d’aliénation totale. Paraphrasant la question d’Antonioni on peut demander : pourquoi les films sur la vie longue doivent être longues ? Seulement un budget gonflé peut être la justification. Le film durant 209 minutes pourrait être une heure plus court ou une heures plus longue — personne ne remarquerait pas la différence, parce que Scorsese sait à suivre le rythme. Mais c’est une demi-heure plus longue que «The Godfather» — un chef-d’œuvre classique et épique avec beaucoup de péripéties et de conflits internes. Y en a-t-il ? Pas du tout. Frank Sheeran est une machine à tuer, un criminel privé d’émotions qui n’a jamais ni faute ni doute. Sauf problème de fille il n’y en a presque pas d’autre. Les conflits internes sont absents dans le sujet éternel de la trahison. Frank a tué Hoffa presque sans hésitation. Bien sûr il y a de suspense et de l’intérêt dans cette scène, mais Frank a déjà pris la décision (une nuit blanche ne compte pas). Étonnamment, mais les effets-spécieux très chers et très critiqués se sont avérés utiles pour le sujet — on a tourné la visage de De Niro dans un masque sans émotion (ILM a presque réussi à rajeunir l’acteur mais en même temps on a effacé toutes les expressions faciales). Incroyable, mais le rajeunissement digital n’est pas un problème pour Joe Pesci qui n’a pas été tourné depuis une décennie. Un retraité du cinéma rejoue facilement son partenaire plus célèbre en créant un personnage vivant en comparaison par rapport à la statue de Frank Sheeran. Quant à Al Pacino qui partage l’écran avec De Niro pour la première fois dans un film sérieux, cet acteur a encore beaucoup d’énergie propre qui n’est pas suffisant pour jouer le plastique d’un homme de quarante ans, mais suffisant pour pousser son adversaire ancien de «Heat» dans un coin d’image.
Ce qui est le plus important et le plus cher d’un point de vue artistique, c’est les derniers trente minutes du film. Le choix du cercueil par un homme qui en mettait d’autres et qui s’achetait seulement des voitures. Les mains tremblantes tenant une canne qui ne tremblaient jamais en tenant un pistolet. La porte ouverte de celui qui la fermait toujours (la dernière rime à «The Godfather»). Les images qui aujourd’hui peuvent et doivent être tournés seulement par Scorsese. Le réalisateur qui avec son acteur se sont déjà préparés pour son demain.